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La Poupée Barbue : une histoire poignante bien rendue !

Le rideau s’ouvre sur une scène au décor obscure, quelque part dans une brousse africaine. L’histoire poignante, émouvante et entraînante peut alors s’égrener !

Comme toutes les histoires qui naissent, quand surviennent la violence et la bestialité chez les hommes. Une histoire de « rebelles muguélé nguélé », de boy killer, Amazone AK 47… Un texte qui raconte la violence en temps de guerre. Vie brisée, corps violés et mutilés, âmes souillées qui puent les laideurs de la guerre…

Voilà comment commence la « Poupée Barbue », pièce d’Edouard Elvis Bvouma mise en scène par Souleymane Sow.

Cette création de la compagnie Tell’Art baigne et transporte dans une atmosphère cruelle savamment entretenue par Kamouni, une comédienne soliste. Elle dit, dans un jeu maîtrisé, le drame vécu par une gamine victime de la guerre, bêtise humaine qui accouche plus tard de « Berreta », l’enfant soldate…

La pièce se déroule alors dans cette ambiance. Le personnage central dit son histoire, à mots crus, choquant de réalisme, interprète ses bourreaux, se projette pour se reconstruire, interroge l’histoire, son histoire, jusque dans ses derniers retranchements pour finir par se résoudre à croiser ce destin tant redouté et… à l’aimer, brusquement, fatalement !

La langue, faussement naïve et enfantine, contraste avec l’horreur des faits. Elle porte une émotion pudique, mêlant haine, peur, colère et un amour naissant. Le titre évoque la « poupée barbue » : une image symbolique de l’enfance violée, défigurée, transformée en objet par la guerre.

Son jeu aura été fluide, intense et rythmé avec à la clé cette sensation de paradoxe que seul le théâtre procure : l’émotion du déchirement intérieur qui s’efface devant la beauté artistique du spectacle offert !

« La Poupée Barbue » a été présentée en sortie de résidence à la salle Bitty Moro de l’INSAAC le 20 octobre 2025. Elle fait partie des projets incubés par le Masa Lab.

Luc-Hervé N’Ko