Danse et musique patrimoniale – Le 12 avril 2026, la somptueuse salle du Palais des Congrès du Sofitel Hôtel Ivoire s’est transformée en un véritable sanctuaire des arts vivants. Dans le cadre de la 14ème édition du Marché des arts du spectacle africain, une soirée d’exception dédiée aux danses et musiques patrimoniales a offert au public une immersion saisissante dans l’âme culturelle du continent. Dès 19h, l’entrée solennelle de la délégation de la ministre d’Etat Kaba Nialé, en charge des Affaire étrangères et de la Coopération internationale, marraine de l’événement, a donné le ton d’une célébration placée sous le signe du dialogue des cultures.
Dans une allocution empreinte de conviction, elle a rappelé que le Masa dépasse le cadre artistique pour devenir un levier de rapprochement entre les peuples, notamment entre la Côte d’Ivoire et le Maroc, pays invité spécial cette année. Mais c’est véritablement la scène qui a pris le relais, avec une fresque artistique magistralement orchestrée par Assane Kassi Kouyaté.
Le spectacle s’ouvre sur la voix habitée du conteur Adama Adepoju alias Taxi Conteur, dont le verbe poétique célèbre la richesse et la diversité des cultures africaines. « Le Masa, plus qu’un festival. C’est un carrefour de nos cultures. Nos diversités sont une force. L’art n’a pas de frontière. A travers les langages artistiques, les peuples africains se parlent et se comprennent. Alors, que la danse commence ! », proclame-t-il, déclenchant une vague d’émotions dans la salle. S’ensuit un défilé envoûtant de tableaux chorégraphiques, où chaque peuple raconte son histoire à travers le mouvement et le rythme.
Du Boloye des Sénoufos, danse initiatique du nord ivoirien, au mythique Zaouli des Gouro, reconnu pour sa virtuosité, le voyage se poursuit bien au-delà des frontières. Le public est transporté au Kenya avec l’énergie des Massaï, puis au Rwanda, où les tambours résonnent comme un battement de cœur collectif. Une troupe venue du Maroc vient enrichir cette mosaïque culturelle d’une touche maghrébine raffinée. Dans la salle comble, enfants, jeunes et adultes vibrent à l’unisson. Les regards émerveillés et les applaudissements nourris traduisent l’impact de ce voyage artistique hors du temps. Plus qu’un simple spectacle, cette soirée apparaît comme une ode vivante à la mémoire et à la transmission, où chaque pas de danse devient un récit, chaque note une identité.
À travers cette création immersive, l’acteur et metteur en scène Assane Kassi Kouyaté réussit un pari audacieux : réunir l’Afrique dans toute sa diversité sur une même scène et rappeler, avec force et élégance, que ses traditions constituent une richesse inestimable à préserver et à célébrer. « L’Afrique est une richesse par sa diversité. Cette diversité est même un socle de développement. J’ai donc voulu montrer, à travers ce spectacle, que cette diversité est universelle », a-t-il expliqué à la fin de la cérémonie.
Abou Adams

