ENTRETIEN – Bakhaw Dioum, artiste sénégalais, est issu du groupe de rap connu sous le nom de Da Brands. Polyvalent dans le genre, la musique de Bakhaw convoque différents styles musicaux dont le rap, le hip-hop, le rock,’. Sa lecture de la scène rap sénégalais : « Il n’y a pas que le rap, il y a de la musique ». Et, pour ce qu’il sait bien faire, faire démanger en musique, Bakhaw- comme le nom le définit si bien- a fait « une récolte bien positive » auprès du public le 14 avril 2026, sur la scène de la Zone Street Arts au Marché des arts du spectacle africain d’Abidjan (Masa).
Votre musique est aux confluents de plusieurs genres musicaux : rap, rock, dancehall, et même de l’électronique. Comment définissez-vous votre identité musicale ?
Le style de musique qu’on fait, c’est du hip-hop, si tu veux, mais avec un style très polyvalent. On te donne du hip-hop, on te donne du dancehall, en fait, en général, on te donne de la musique. Aujourd’hui, si tu viens à nos concerts, tu vois n’importe quelle différence d’âge. Ça fait que tu as toutes sortes de musiques qui sont là-bas. N’importe quel style que tu as envie de danser, tu seras servi. Donc c’est un style de musique très particulier qui fait qu’aujourd’hui, à n’importe quel festival ou n’importe quel concert, le public est toujours chaud avec nous du début à la fin. Et c’est le but. Parce que, pour moi, aujourd’hui, c’est vrai, nous on parle wolof, un peu français, un peu anglais, mais la majeure partie ne connait peut-être pas notre langue. Donc, pour se faire rappeler de nous, c’est la présence scénique et puis les styles de musique.
Au Masa 2026, vous êtes présent sur une scène particulière dédiée aux musiques urbaines qui est la Zone Street Arts. Le fait d’avoir été sélectionné et de prendre part au Masa, quel sentiment vous anime ?
Ça fait plaisir. Déjà, je remercie Didier Awadi, qui est un des membres fondateurs du groupe Positive Black Soul. Depuis le début de Da Brands, ils nous ont produits et puis ils ne nous ont jamais lâchés. Aujourd’hui, c’est un groupe de cinq personnes. On s’est retrouvés (au Masa, Ndlr) avec deux personnes. Depuis plus de vingt ans, ils croient toujours en nous. Ils savent ce qu’on veut sur la scène. Ils savent ce qu’on sait faire sur la scène.
Le fait donc de montrer ici à Abidjan ce que vous savez faire et voulez sur la scène, quelles sont vos ambitions au Masa ?
Franchement, j’aimerais bien revenir tous les deux ans et jouer sur la grande scène. Actuellement, c’est ça le projet de Bakhaw.
Si vous devez faire aujourd’hui une lecture de la scène rap au Sénégal, que direz-vous ?
Aujourd’hui, le rap sénégalais est en train de prendre des ailes. La nouvelle génération cartonne. Pour moi, le rap sénégalais commence à s’imposer. Il y a de très bons rappeurs, très talentueux. Il y a de la musique au Sénégal. Il n’y a pas que le rap, il y a de la musique.
Entretien réalisé par Koné SEYDOU

