Le temps d’une semaine, Abidjan a été la capitale des arts vivants. La grande métropole ivoirienne, poumon économique de la Côte d’Ivoire, a abrité du 11 au 18 avril 2026, la 14ème édition de son marché des arts du spectacle d’Abidjan connue sous le sigle MASA. Durant cette huitaine de jours, le Palais de la culture, le Goethe-Institut, l’Institut Français, le Yelam’s, des espaces publics situés à Abobo, Yopougon et Koumassi ont vibré au rythme des spectacles dans neuf disciplines clé: musique, danse, théâtre, conte, humour, cirque, marionnettes, arts de la rue, slam et mode.
Et en marge des spectacles, les professionnels ont scruté des pistes de collaboration et surtout poussé la réflexion sur la structuration des industries culturelles créatives en Afrique. En somme, ce qui fait du MASA une plate tournante à la fois pour artistes et tous les acteurs de l’écosystème de ce secteur.
Mais, le MASA ce n’est pas que ça. Ne le voir que sous cet aspect c’est ne pas prendre la pleine mesure de sa portée incroyable. Disons-le tout de go, l’événement – rendez-vous culturel biennal majeur et incontournable sur le continent – est aujourd’hui bien plus qu’un festival: c’est un véritable outil de diplomatie culturelle au service du rayonnement de la Côte d’Ivoire.
A travers le Marché des Arts du Spectacle d’Abidjan, qui est aujourd’hui bien plus qu’un festival, le pays affirme sa place de carrefour culturel en Afrique et son engagement en faveur du dialogue entre les cultures. En réunissant, au bord de la Lagune Ebrié, artistes, décideurs publics et opérateurs culturels venus du monde entier, le MASA renforce les liens entre les pays africains et leurs partenaires internationaux. Il fait aussi d’Abidjan un lieu stratégique de rencontres et de coopération culturelle internationale. D’ailleurs, à l’occasion de cette 14ème édition, le Maroc et le Brésil étaient à l’honneur. Le premier, invité d’honneur ; et le second pays invité spécial.

Cette année, pas moins de 103 pays étaient présents, grâce au leadership du Directeur général du MASA, Abdramane Kamaté, à Abidjan, de même que de nombreuses institutionnelles régionales (UEMOA, CEDEAO) et internationales (OIF, AFRICALIA, AECID, etc.). De plus, de nombreux partenaires média ont effectué le déplacement pour couvrir le MASA et positionner positivement la Côte d’Ivoire dans l’agenda médiatique mondial. Une visibilité internationale incontestable. Pendant une semaine donc, la planète a entendu parler de notre pays dans le bon sens du terme. Ce qui constitue indéniablement un atout considérable, car faisant de la Côte d’Ivoire, le rayon de lumière dans un ciel gris, farci par la résurgence des guerres et autres conflits armés.
Pour la Côte d’Ivoire – c’est incontestable – investir dans la culture, c’est aussi investir dans son influence, son image et son attractivité internationale. Justement, le MASA contribue à montrer une Côte d’Ivoire créative, ouverte et tournée vers la coopération internationale. C’est également une plateforme qui permet aux artistes africains d’accéder aux marchés internationaux et de faire entendre la voix culturelle du continent. Comme on a pu le constater amplement durant cette 14ème édition. Indubitablement, la Côte d’Ivoire démontre, via le MASA, que la culture peut être un puissant levier d’intégration régionale et de dialogue entre les peuples. Au demeurant, le MASA s’inscrit pleinement dans la vision des autorités ivoiriennes qui considèrent la culture comme « un pilier du développement, de la cohésion sociale et du rayonnement international du pays ».
Enfin, le MASA est l’illustration concrète de la manière dont la culture peut devenir un instrument d’influence positive et de coopération entre les nations. On peut donc le dire : le MASA n’est pas qu’une simple manifestation culturelle. Il est également un « ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire » de la Côte d’Ivoire auprès du monde entier.
Y. Sangaré

