DANSE-CIRQUE – Le spectacle de danse-cirque mis en scène par Hermann Nikoko, « Les assoiffées du métal jaune », dont la représentation a eu lieu le mardi 14 avril dans la salle François Lougah, au Palais de la Culture de Treichville, est très académique. Le chorégraphe part de témoignages réels. Ainsi, de jeunes pêcheurs attirés par la ruée vers l’or trouvent que l’argent de la pêche est lent, et celui de l’or plus rapide. Les contorsions, les acrobaties, les doutes qui s’ensuivent traduisent l’envie et la volonté de s’enrichir rapidement grâce au métal jaune. Les danseurs, qui sont des acrobates aguerris, cherchent, fouillent, bêchent. Certains sont récompensés, d’autres non. De là, naissent la convoitise, la jalousie… et surtout une nouvelle race de « boucantiers ».
Les jeunes écument les bars, exposent leur réussite. Ils font le « boucan sauvage ment ». Ils attirent les regards des populations, mais aussi ceux de la police. La quête de l’or jaune ne fait pas que des heureux. Elle pollue les eaux, dégrade les terres arables, crée l’insécurité, emmène la prostitution, la drogue. Elle est mère de nombreux vices. Face à cela, les décisions étatiques de lutte contre le fléau sont drastiques. Les déclarations des forces de l’ordre sont largement dif fusées dans les médias.
Espoirs et déboires des orpailleurs clandestins

Des reportages télés et radios enfoncent le clou en insistant sur les méfaits de l’activité clandestine, surtout la dégradation de la qualité de l’eau, source de vie. Les forces de l’ordre investissent les lieux. Les orpailleurs sont en fuite. Ils se cachent. Ils courent. Les aventuriers montent sur des fûts métalliques. Ils dé fient l’autorité. Ils sont poursuivis jusqu’à leurs derniers retranchements. Les danseurs prennent des risques. Ils s’entraident, s’accrochent les uns aux autres.
Les mouvements sont harmonisés. On sent véritablement la prise de risques. Au bout des tentatives, ils s’épuisent. Traqués, ils se dispersent. C’est le retour à la case départ. Le rêve brisé. La fin des espoirs et des déboires. Comme le dit l’adage populaire : « L’argent de l’or est doux, mais il y a problème derrière ».
SANOU A.

