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Colloque international : Dr. Lacina Yéo voit dans les arts du spectacle, un outil de convivialité

MASA 2026 – Maître de conférences au Département d’allemand et Directeur du Centre d’études et de recherches panafricaines et globales (Cerpag) de l’Université Félix Houphouët-Boigny, Dr. Lacina Yéo s’est prononcé, le lundi 13 avril 2026, sur la problématique : « Les arts du spectacle, des arts de la relation, de la médiation, de la rencontre et du dialogue par excellence ». Ce, au cours du colloque international et interdisciplinaire du Masa qui réunit universitaires et professionnels de l’action culturelle à l’Institut national supérieur des arts et de l’action culturelle (Insaac) jusqu’au mercredi 15 avril.

Partant du constat que les arts du spectacle (théâtre, danse, musique, cirque, performances, marionnettes) sont, par leur nature vivante et éphémère, un espace unique de co-présence entre artistes et spectateurs. Aussi, Dr. Lacina Yéo a-t-il montré comment ils transcendent le « simple divertissement » pour devenir un véritable laboratoire de convivialité et de diplomatie culturelle.

Dans une première partie théorique, il a convoqué des penseurs majeurs dans cette thématique – Nicolas Bourriaud (esthétique relationnelle), Maurice Merleau-Ponty (phénoménologie du corps), Martin Buber (philosophie du dialogue Je-Tu), Victor Turner (liminalité rituelle) ou encore Augusto Boal (théâtre de l’opprimé) – pour démontrer que le spectacle vivant est un acte de médiation par excellence en ce qu’il produit, entre autres, des relations humaines, incarne l’expérience esthétique et favorise la rencontre intersubjective.

Le conférencier a ensuite rappelé les origines préhistoriques de l’art (peintures rupestres de Lascaux, Chauvet) comme langage universel de cohésion sociale, de mémoire collective et de résistance, avant de souligner ses fonctions critiques et émancipatrices.

Au cœur de sa communication, l’universitaire a mis en lumière les arts du spectacle comme terreau fertile du dialogue. D’abord comme carrefour des arts et ouverture aux disciplines (sciences sociales, neurosciences, technologie, éducation), ensuite comme espace de médiation entre localité et globalité, particularisme et universalisme, modernité et tradition et, enfin, comme lieu de rencontre entre ipséité, altérité et collectivité, ainsi qu’entre artistes et spectateurs.

Enfin, Dr. Lacina Yéo a abordé les défis contemporains de la cohabitation : diversité culturelle, inégalités, tensions identitaires. Il a insisté sur le rôle du spectacle comme laboratoire de convivialité où les différences ne sont pas effacées, mais reconnues et valorisées. « Les arts du spectacle incarnent une philosophie du vivre-ensemble. Ils transforment la scène en espace de dialogue, de communion et de transformation sociale, rappelant que l’art n’est pas seulement contemplation, mais rencontre et co-création », a-t-il exprimé.

Et d’ajouter : « Dans un monde marqué par la fragmentation et l’individualisme, les arts du spectacle apparaissent comme un laboratoire d’humanité où se réinventent les formes de solidarité et de convivialité. Ils rappellent que l’art n’est pas seulement contemplation, mais dialogue et transformation ».

Enfin, toujours selon Dr. Lacina Yéo, l’avenir des arts du spectacle invite à réfléchir aux nouvelles formes de rencontres dans une société mondialisée et digitalisée. « Le défi du numérique et des spectacles hybrides consiste à préserver l’intensité du lien humain, afin que l’essence relationnelle du spectacle vivant demeure au cœur de l’expérience artistique », pose-t-il.

Cette communication, saluée pour sa profondeur théorique et son ancrage concret dans les enjeux actuels du spectacle vivant, a donné lieu à des échanges nourris entre le conférencier et les participants.

Comme les autres communications de ce colloque, elle contribue au positionnement du Masa 2026 comme une plateforme privilégiée de réflexion et d’échanges sur le rôle des arts dans la construction d’une Afrique et d’un monde plus inclusifs et solidaires.

M’Bah Abou-Bakar