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Conte – Baçira : Un appel à la spiritualité dans un monde saturé par la technologie

Il y a de ces mélodies qui bercent. De ces mots qui apaisent. Et desquels découle un monde qui s’ouvre. A partir d’un univers sonore créé par Eloi Calame (Suisse) avec sa clarinette basse, sa clarinette et ses machines, Fayçal Belattar (Algérie), d’une voix douce et apaisante, a su insuffler dans le cœur du public de la salle Niangoran Porquet, ce lundi 13 avril 2026, dans le cadre du Marché des arts du spectacle africain d’Abidjan (MASA), un calme olympien.

A travers l’histoire d’Abdel-Nour, jeune voyageur qui emprunte l’ancienne route du sel et de l’or, qui relie l’Algérie au Mali (Tombouctou), en passant par la Mauritanie, le Niger, le conteur-poête embarque son auditoire dans une spiritualité emprunte de sonorités nouvelles.

En cinq tableaux présentés comme des miroirs de l’âme, chaque étape est une épreuve vécue comme un souffle nouveau à travers la rencontre des êtres, des personnages, des symboles immuables qui conduisent à une transformation, une ascension.

« Baçira ne cherche pas à raconter l’histoire, mais à la réactiver. Cette route devient une métaphore : celle d’un passage, d’un déplacement intérieur, d’une circulation des idées, des croyances et des identités; elle fait écho à une question centrale : que reste-t-il aujourd’hui de sacré dans un monde saturé de technologie, de vitesse et de bruit ? », interroge le conteur.

Étymologiquement, Baçira désigne l’une des dernières strasses les plus élevées de la clairvoyance.  A la fin du conte, « le fils de la lumière » se présente comme une passerelle entre la tradition, les dogmes et les réalités actuelles. « On est dans une ère déchirée par la technologique », regrette Belattar, qui tente, à travers sa création, de trouver un équilibre existentiel.

Le voyage de l’âme étant perpétuel, continu, « Baçira » est une prosternation face aux 333 saints de Tombouctou, un hommage à cette ville mythique et mystique, une reconnaissance à Amadou Hampaté Ba, digne fils de cette cité légendaire.

Créé entre  Genève et Alger et soutenu par l’ABRI de Genève, 2horloges production Algérie et l’AARC (Agence algérienne pour le rayonnement de la culture), le projet sort de résidence et le Masa 2026 accueille en exclusivité les premières représentations.

Sanou A.