« Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille applaudit à grands cris ; son doux regard qui brille fait briller tous les yeux. Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être se dérident soudain à voir l’enfant paraître, innocent et joyeux ». Dans la première strophe de son poème intitulé « Lorsque l’enfant paraît », tiré de son recueil «Les feuilles de l’Automne », le célébrissime poète et écrivain français campe, avec acuité, l’importance précieuse de l’enfant. Pas que dans le cercle familial, mais en général dans la société humaine tout court.
Comme Victor Hugo, la direction générale du Marché des arts du spectacle africain d’Abidjan (MASA), sous l’impulsion de son premier responsable, M. Abdramane (plus connu sous le diminutif Abou) Kamaté, a bien compris cela.
C’est pourquoi, à chaque édition, elle ouvre une grande lucarne sur le jeune public. Cette année encore, à l’occasion de cette 14ème cape du Masa, la tradition a été respectée. Très bien même.
Ainsi, en plus du Masa Fitini – une belle innovation – destiné aux tout-petits et qui grouille d’affluence depuis samedi, un autre jeune public était, mercredi, à l’honneur : les élèves. Avec l’insouciance qui les caractérise, en raison de leur jeunesse, et l’énergie débordante qu’ils ont à revendre, ces gamins ont fait la fête jusqu’à l’épuisement. Pour certains, dont les yeux brillaient de mille feux, c’était la première fois qu’ils mettaient les pieds dans ce temple de la culture ; et pour d’autres, ils découvraient à l’œil nu des artistes qu’ils ne voyaient d’ordinaire qu’à l’écran.
A les regarder tranquillement déambuler dans l’enceinte du Palais de la Culture, une joie indicible se lisait sur leurs visages candides : celle de découvrir un monde artistique qui leur était, jusque-là, inaccessible. Voir une représentation théâtrale, un spectacle de contes, une performance contemporaine ou encore un show musical… En somme, un univers enchanteur, à l’image du monde Merlin, pour ces jeunes garçons et filles.
Mais, derrière l’effervescence constatée, il faut lire la pédagogie bien pensée par Abou Kamaté et son équipe pour éduquer et initier ces enfants à l’art et la culture. En pensant passer du bon temps, ils apprennent, sans peut-être le savoir, et surtout s’enrichissent dans la bonne humeur.
Indéniablement, le Masa construit, petit à petit, pour demain un public féru d’art et captivant pour les créations artistiques ; ce pourrait être un levier solide pour le développement de l’industrie culturelle, avec une vraie économie de marché.
Sans bruit donc, le Masa nourrit une vision forte : promouvoir les arts vivants et contribuer à l’édification d’un écosystème viable et motivant à la fois pour les artistes et pour les professionnels du secteur : producteurs, tourneurs, managers, techniciens, diffuseurs, directeurs de festivals…
De toute évidence, la direction générale du Masa est très bien inspiré de réserver une place de choix dans sa programmation aux enfants. Après tout, ne sont-ils pas le rayon de soleil qui illumine nos familles ? « L’enfant, disait encore Victor Hugo, c’est un feu pur dont la chaleur caresse ; c’est de la gaîté sainte et du bonheur sacré ». Tout est dit. Et bien dit.
Yacouba Sangaré

