Le plus difficile pour un événement, c’est connu, c’est le démarrage. S’il est réussi, cela augure d’une suite prometteuse.
C’est justement le cas de cette édition du Marché des arts du spectacle africain d’Abidjan (Masa) placée sous le thème : « Arts du spectacle en Afrique, outil d’intégration économique et sociale ».
Cette thématique met, à juste raison, en résonance le rôle ô combien précieux du spectacle vivant comme moteur de transformation sociale et de cohésion entre les nations.
L’art, en divertissant, éduque éminemment les masses populaires. C’est un élément catalyseur de l’affirmation de soi, de son appartenance à une nation, à une culture…En somme, ce qui fait l’essence-même de l’être humain. Ne dit-on pas que c’est la culture qui reste quand on a tout perdu ?
Samedi, pour son ouverture, ce 14ème Masa a gratifié la foule de spectateurs qui a pris d’assaut l’esplanade du Palais de la Culture, transformé en un théâtre géant à ciel ouvert à l’image d’un colisée, et aussi des millions de téléspectateurs scotchés devant leur petit écran, d’une cérémonie éblouissante, quasi millimétrée et réglée comme sur du papier à musique, qui a fait toute la place au spectacle : une fresque somptueuse riche en couleurs, en sons et en symboles, alliant danse, musique, slam et humour.
Une immersion émouvante au cœur de la création artistique africaine. À juste titre, c’est cette vivacité qui caractérise ce Masa 2026, qui innove en tous points de vue : structuration très professionnelle digne des grands festivals du monde, organisation de qualité, artistes pétris de talent, programmeurs venus du monde entier et surtout des spectacles aussi denses que captivants… Comme en témoignent les fous rires et les éclats de voix qui accompagnent les répliques lors de certaines représentations. Une connexion intuitive entre émetteurs et récepteurs qui confirme que le Masa est un atout maître dans la promotion de la culture et l’éducation des masses à la culture. Et singulièrement les jeunes qu’on éduque à l’art. Avec le secret espoir, sans doute, en plus de les intéresser à l’art, de faire naître en eux des vocations artistiques. Et qui sait, des talents de demain qui feront rayonner la Côte d’Ivoire sur des scènes internationales. L’impact est d’ores et déjà perceptible.
Le Masa 2026, c’est aussi un voyage au cœur de l’innovation technologique. Il épouse avec responsabilité l’ère du temps en se mettant au diapason de ce monde qui court vite, si vite…A coup sûr, cette nouveauté, qui cristallise l’attention des jeunes très accros à ces nouveaux outils qui façonnent aujourd’hui la planète, est l’une des plus belles surprises de cette édition.
Que dire de la réflexion – entre colloque international et rencontres professionnelles – qui occupe encore une fois une place centrale au Masa.
Cette année, les experts croisent, de façon globale, leurs regards pointus sur les enjeux du développement de l’industrie culturelle sur le continent, en ne perdant pas de vue – ce qui est à saluer – la nécessité de faire des arts vivants un véritable levier d’intégration et de cohésion en Afrique.
On le voit, le Masa 2026 – le premier à accueillir une visite de la Première Dame- n’est pas comme les autres. Et, pour sûr, de bonnes choses restent encore à venir…
Yacouba Sangaré

