Le colloque international inaugural du Marché des arts du spectacle africain d’Abidjan (Masa) a réuni, ce samedi 11 avril 2026, à l’amphithéâtre A du District de l’Université Félix Houphouët-Boigny, décideurs et acteurs culturels pour réfléchir ensemble sur le rôle essentiel des arts dans le développement du continent.
Le thème général de la biennale, « Arts du spectacle africain, outil d’intégration économique et sociale », a été, de fort belle manière, décortiqué par le ministre délégué auprès du ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, Adama Dosso.
Pour lui, le thème choisi n’est pas anodin, puisqu’il place les arts et la culture au cœur du développement du continent.
Avant cette conférence inaugurale, Pr. Simplice Dion, vice-président de l’UFHB, représentant le président de l’institution, Prof. Ballo Zié, a souligné la pertinence du sujet. « À lui seul, ce colloque est la preuve qu’aucune université ne peut se développer en vase clos », a-t-il déclaré.
Il a réaffirmé la vision de son institution : devenir une université performante, innovante, citoyenne et ouverte sur le monde.
Pour le vice-président, ce rendez-vous démontre que l’Université Félix Houphouët-Boigny est prête à éclairer les grands enjeux contemporains, notamment le dialogue des cultures et le développement économique par les arts.
Il a salué le président du comité d’organisation et directeur de l’Unité de Formation et de Recherche Information, Communication et Art (UFRICA), Prof. Banhouman Kamaté, ainsi que les professeurs Sylvie Valli (présidente) et Paris Joseph (vice-président) du comité scientifique, pour leur engagement rigoureux.
Des remerciements chaleureux ont également été adressés à la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, et aux ministres Adama Diawara et Adama Dosso, co-présidents du colloque, ainsi qu’à M. Abdramane Kamaté, directeur général du MASA.
Mme Françoise Remarck, ministre de la Culture et de la Francophonie, s’est, quant à elle, dite « heureuse et honorée » d’être présente à ces agapes scientifiques.
Elle a rappelé que le MASA est une plateforme unique de promotion des arts vivants en Afrique et une fierté nationale soutenue par l’État ivoirien.
« Il ne peut y avoir d’économie culturelle forte sans une politique publique ambitieuse », a-t-elle affirmé. Cela passe, a-t-elle poursuivi, par des investissements durables dans les industries culturelles, la structuration des chaînes de valeur, la professionnalisation des acteurs et la mobilité des artistes.
Le thème du colloque traduit, selon la ministre, une ambition majeure : transformer les arts du spectacle en véritables secteurs économiques et reconnaître les artistes comme des acteurs essentiels de la transformation sociale.
Elle a, par ailleurs, évoqué la loi de 2014 sur la politique nationale culturelle qui protège le patrimoine, promeut la création et renforce la décentralisation.
« Le MASA incarne parfaitement cette vision : à la fois vitrine, marché structurant et espace de réflexion stratégique pour l’avenir culturel du continent », a-t-elle fait savoir.
Représentant le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Djimbala Diakité, directeur de cabinet adjoint, a souligné que les arts du spectacle, longtemps perçus comme un simple divertissement, s’imposent aujourd’hui comme de véritables leviers de transformation sociale et de croissance économique.
Vecteurs d’identité, de cohésion sociale et de création d’emplois (surtout pour la jeunesse), ces arts doivent être mieux connectés au monde académique et à la recherche.
L’université, a-t-il plaidé, doit devenir un moteur d’innovation en valorisant les sciences humaines, en développant des formations professionnalisantes, en soutenant l’entrepreneuriat culturel et en renforçant la coopération internationale. « Les arts du spectacle sont un langage universel qui transcende les frontières et participe à la construction d’un imaginaire africain fort », a-t-il souligné.
Ce colloque offre, a-t-il insisté, une tribune idéale pour proposer des solutions concrètes et ambitieuses.
En associant communauté universitaire, recherche scientifique, décideurs politiques et professionnels des arts, le colloque du MASA 2026 dépasse le simple exercice académique. Il pose les bases d’une véritable industrie culturelle africaine structurée, créatrice de richesse et d’emplois, tout en renforçant le lien social et l’identité collective.
Abidjan, capitale culturelle panafricaine dynamique, devient pour une semaine le moteur des arts vivants du continent. Théâtre, danse, musique, cirque, slam ou humour : le MASA n’est pas seulement un festival, c’est un marché professionnel, un lieu de networking et une plateforme pour le rayonnement international de nos créations artistiques.
M’Bah Abou-Bakar

