Pr. André Banhouman Kamaté, directeur de l’Unité de formation et de recherche en information, communication et arts (Ufr Ica) de l’Université Félix Houphouët-Boigny, a présenté, ce lundi 13 avril 2026, à l’Institut national supérieur des arts et de l’action culturelle (Insaac), une communication intitulée : « Femmes créatives, forces et expressions dans les industries culturelles ». Une intervention qui s’inscrivait dans le cadre du Colloque international et interdisciplinaire du Marché des arts du spectacle africain (Masa) d’Abidjan dont le le top départ avait été donné le samedi 11 avril à l’Université Félix Houphouët-Boigny.
Partant du constat historique d’une marginalisation des femmes dans les arts et la culture, Pr. Kamaté Bahouman (professeur titulaire en actions culturelles et arts du spectacle) a d’abord clarifié les concepts clés de son sujet de communication. Il distingue la femme créative – figure englobante dotée d’imagination, d’innovation et de capacité à animer tout l’écosystème culturel – de la femme créatrice, limitée à la seule production d’œuvres. Il a également rappelé la définition des industries culturelles et créatives (ICC) selon l’UNESCO : secteurs centrés sur la création, la production et la commercialisation de biens et services à contenu culturel et artistique.
Le conférencier a ensuite retracé le parcours des femmes créatives ivoiriennes, « de l’ombre à la lumière ». Malgré un contexte patriarcal et phallocratique, plusieurs pionnières ont imposé leur talent. Dans la musique, il citera, entre autres, Aïcha Koné, Affou Kéita, Zélé de Papara, les sœurs Comoé, Reine Pélagie…, dans les arts scéniques et le cinéma : Marie Rose Guiraud, Wêrê-Wêrê Liking, Naky Sy Savané, Akissi Delta, Khady Touré…, dans les arts visuels et la mode : Mathilde Moreau, Oka Valérie, Nawal El Assad… et dans l’action culturelle, la Professeure Henriette Dagri Diabaté, à qui l’on doit d’être aux initiatives du Palais de la Culture Bernard B. Dadié et du Marché des arts du spectacle africain (Masa) d’Abidjan.
La génération actuelle, a souligné Pr. Kamaté, confirme cette dynamique. Des artistes comme Josey, Claire Bailly, Nash, Queen Adjoba (musique urbaine) ou encore Constance, Sandrine Droubly et Léontine Békly (musiques chrétiennes) s’imposent. Dans le cinéma, Emma Lohoues, Konnie Touré et Khady Touré (sacrée à la Nuit du 7ème Art 2023) illustrent cette montée en puissance.
Pr. Kamaté a également salué les entrepreneures culturelles (Chantal Djédjé – Fabrique culturelle, Hortense Zagbayou Bekouan – CACAB) et la ministre Françoise Remarck, qualifiée de « femme créative » pour son soutien constant au secteur.
Enfin, l’universitaire a formulé trois propositions concrètes pour booster le développement des industries culturelles. Il s’agit d’abord d’honorer et de visibiliser les femmes créatives, de lutter contre les stéréotypes sexistes en déconstruisant les mythes misogynes et de soutenir les femmes créatives sur les plans politique, économique, psychologique et moral. « La femme est indispensable au développement durable des industries culturelles et créatives », a-t-il conclu, soulignant que, sans inclusion réelle, il ne saurait y avoir de progrès pérenne.
Cette communication du directeur de l’Ufr Ica a été saluée par l’ensemble des participants pour sa clarté et son engagement qui renforce le rôle central des femmes dans la dynamique culturelle ivoirienne.
M’Bah Abou-Bakar

