MASA 2026 – « Il n’y a plus de place », nous lance une hôtesse à l’entrée de la salle Niangoran Porquet du Palais de la Culture, le 17 avril 2026. « Pas de problème. Nous sommes journaliste et on peut s’arrêter », lui répondons-nous. Effectivement, les 300 places assises de la salle sont occupées. Il y a une chaude ambiance. La slameuse, L’encre des étoiles (Linda Kouamé à l’état civil) de Côte d’Ivoire, déclame ses paroles sèches sur l’histoire de l’Afrique avec ses grands hommes : Mandela, Luther King, Nkrumah, Lumumba… « L’humanité a foutu le camp et l’enfer a pris sa place … Ce monde est une farce et tout le finira sous terre », martèle-t-elle.
Accompagnée d’une musique au carrefour de la rumba congolaise et le jazz, elle fait une sorte de dissertation sur l’argent avec à thèse, antithèse et synthèse. La conclusion est laissée à l’appréciation du public dont la majorité dit que l’argent fait le bonheur. L’interaction entre la salle et elle est totale. Elle s’amuse avec le public qui doit répéter après elle : « Ebrié, haoussa, garba, c’est mal doux ». « C’est le seul mariage qui dure depuis des années », conclut-elle.
Dans ‘’Métamorphose’’, le nom de son show, l’artiste touche à tous les sujets pour conquérir son auditoire. « Je suis une artiste, pas une pute », dit-elle tout en déclarant sa verve sur la scène. La connexion entre le public et elle est totale. Elle lui raconte sa vie : ses joies, mais aussi ses peines. La saxophoniste fait pleurer son instrument quand L’Encre des étoiles relate ses déboires avec les hommes. Mais pas eux tous, car son papa lui manque beaucoup. Jusqu’à en pleurer vraiment. A chaudes larmes, la chanteuse quitte la scène dans le son tonitruant du saxo et la voix déroutante de son guitariste. Pour la réconforter, son trio de musiciens l’entoure sous les acclamations nourries de l’assistance. L’ensemble revient saluer le public avec le sourire. Un beau happy end !
Omar Abdel Kader Tani (Ph. Khady Koné)

