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YEKIMA de Bel Art, chanteur congolais d’afro-slam : ‘’Je joins la hanche à la tête’’

INTERVIEW – Le chanteur Yékima de Bel Art (RDC) a enflammé la scène de la Zone Street Art avec son genre musical particulier. Une fusion entre le slam et le ndombolo qui a séduit le public le mercredi 15 avril.

C’est votre première scène au Masa, quelles sont vos impressions ? 

 Je suis très heureux et impressionné par ce public. C’est un honneur d’être là, dans cette Zone Street Arts. Et un bonheur parce que c’est tout le temps qu’on rencontre des publics, et surtout quand ils sont nouveaux. Ils ne connaissent pas les chansons qu’ils ont écoutées. Ils les découvrent sur scène. Je ne suis pas un artiste qu’ils connaissent. Ils me découvrent. Et ils interprètent instantanément mes chansons. C’est ce qui est grandiose pour moi.

Comment décrivez-vous votre musique ?

Je fais de l’afro-slam simplement. C’est-à-dire que c’est un mélange de poésie urbaine avec des sonorités et rythmes afro-congolais ouverts au monde. Aussi ma devise, c’est joindre la hanche à la tête sans perdre pied. Moi, je reviens du Congo et on sait que le Congo, c’est la hanche aussi. C’est le ndombolo, la rumba. Donc je ne néglige pas la rumba, même si je fais du slam. Ce que je fais, c’est de joindre à la rumba, à ces riffs de guitare que vous connaissez, la poésie. C’est un hub, une interconnexion entre des musiques que j’écoutais et qui ont bercé mon enfance. Et que j’utilise aujourd’hui et ça donne l’afro-slam.

Et la sape occupe aussi une place prépondérante dans votre univers…

Qui n’est pas sapé n’est pas Congolais ! On m’appelle Monsieur pagne.  L’idée, c’est de valoriser ces tissus que nous nous sommes appropriés.  C’est le textuel auquel on joint le textile. Et, justement, le pagne, c’est ma branle-marque. C’est-à-dire ma petite singularité.

Sanou A.