Interview – Le rappeur sénégalais Didier Awadi, l’une des figures emblématiques du rap francophone, un militant engagé, Prix Rfi 2003, a donné, jeudi, un show époustouflant sur la grande scène du Marché des arts du spectacle africain (Masa) d’Abidjan. Sur une scène spéciale de RFI, celui qui dit avoir signé « un contrat de conscience avec le continent » répond à quelques questions du journal du Masa.
Le Journal du MASA : Vous venez de donner un show au Masa, ça fait longtemps que vous ne vous êtes pas produit à Abidjan. Quelles impressions ce spectacle vous laisse ?
Didier Awadi : Je suis très heureux parce que beaucoup de choses ont démarré pour Positive Black Soul ici. En 1995, tu te rends compte, ça fait 31 ans déjà. Et revenir sur la scène du Masa, la grande scène, c’est juste un bonheur. Et je remercie Dieu parce que 37 ans de carrière, à un moment, il n’y a que Dieu qui peut te donner cela, et l’amour du public, l’amour de la scène. Et tous mes frères, j’avais Bakhwa, mes sœurs Nabashu, OMG, j’avais toute la délégation sénégalaise qui était là. Le ministère nous a accompagnés. J’ai vu l’Afrique réunie et ça, c’est mon rêve. Il n’y a pas plus grand mot que merci à tous les publics et à vous aussi qui soutenez l’action.

JDM : Certains vous appellent « l’impertinent »…?
Oui, je vais rester impertinent toute ma vie. Je pense que c’est trop tard pour changer. Et je pense que c’est ce qui me garde en vie. Mais j’assume. Quand tu dis à un rappeur qu’il est impertinent, c’est un compliment.
JDM : Cette année, il y a eu beaucoup d’innovations au Masa. Pour vous, sur le continent africain, qu’est-ce que représente ce genre d’initiatives ?
Le Masa, c’est l’Afrique qui se réunit. On a besoin de rencontres comme ça où tout le monde peut se réunir et vivre ensemble. Si vous regardez mon groupe, c’est Congolais, Gabonais, Ivoirien, Béninois, etc. C’est tout ça ensemble. Je crois profondément à l’unité de l’Afrique. Il ne faut pas l’exprimer seulement en chanson. Il faut le vivre et l’appliquer.
JDM : Un message pour les jeunes de la musique urbaine et du rap pour la scène et le spectacle?
Il faut y croire. Pour les jeunes des cultures urbaines, il faut y croire. Nous, quand nous avons commencé, personne ne croyait en nous à part nous-mêmes. Et, aujourd’hui, tout le continent vit avec les cultures urbaines, numéro 1 sur le continent. Si ça s’arrêtait aujourd’hui, je pourrais dire mission accomplie.
Propos recueillis par Fatou Kine Sène

