MASA 2026 – Tout a commencé pour lui au Marché des arts du spectacle africain (Masa) d’Abidjan en 1995. Pas le flow, car il n’en manquait pas, mais le début d’une belle carrière sur les scènes du monde. 31 ans après et en 37 ans de carrière, le rappeur panafricain Didier Awadi était de retour, avec un grand « bonheur », sur la grande scène de la Soirée Rfi Talent au Masa, le 16 avril 2026.
« Je remercie Dieu parce que 37 ans de carrière, à un moment, il n’y a que Dieu qui peut te donner ça : L’amour du public, l’amour de la scène », a confié sur scène Awadi.
Si ce marché a impulsé sa carrière, la « belle histoire ne s’est depuis pas arrêtée » pour lui et le rappeur en est reconnaissant. D’où l’hommage rendu au Masa à travers son directeur général Abdramane (Abou) Kamaté, dont il a salué le travail depuis qu’il a pris les rênes.
Pour Didier Awadi, « le Masa, c’est l’Afrique qui se réunit. On a besoin de rencontres comme ça où tout le monde peut se réunir et vibrer ensemble ».
D’un retour véritable au Masa après 1995, il faut cependant témoigner que Didier Awadi, outre la présence scénique qu’il a témoignée en cette 14ème édition, est, depuis la 11ème édition (2020), l’un des initiateurs de la scène Zone Street Arts, en qualité d’opérateur culturel. Une vibrante scène qui met en avant les cultures urbaines et qui inclue l’art pictural.
Pour être aujourd’hui un modèle pour beaucoup et une voix qui porte, Didier Awadi (Prix Rfi 2003)demande à la jeunesse des cultures urbaines de croire en elle. « Il faut y croire. Nous, quand on a commencé, personne ne croyait, à part nous-mêmes. Et, aujourd’hui, tout le continent vit avec la culture urbaine. C’est la musique numéro un sur tout le continent. Donc, si ça s’arrêtait aujourd’hui, je pourrais dire mission accomplie », a-t-il motivé.
Sur scène, Didier Awadi a le verbe qui tranche et qui touche. Sans compter les punchlines. Sa musique, si elle est portée par le rap, n’est pas fermée à d’autres genres. Dont la rumba, le reggae, la world music de Ismaël Lo (Africa), le jazz de Bembeya (Mami Watta), le fimbu – la musique populaire africaine.
Panafricaniste et artiste engagée, sa musique est également un hommage aux « présidents d’Afrique » [Pas tous !] dont Thomas Sankara qui occupe une place de choix …et de raison.

Pour ce concert de la Soirée Rfi Talent dont la tête d’affiche était sa « petite sœur », l’Ivoirienne Josey, Didier Awadi et le Made in Africa ont déroulé un répertoire de neuf chants : Sankara, Ndanane, L’Impertinent, Dans mon rêve, Mamiwata, JAPP CI, etc.
Qu’on le qualifie d’« impertinent », Didier y voit un compliment pour le rappeur qu’il est. «Je vais rester impertinent toute ma vie, assure-t-il. Je pense que c’est trop tard pour changer. Et je pense que c’est ce qui me garde en vie. Mais j’assume. Quand on dit d’un rappeur qu’il est impertinent, c’est un compliment »
Optimiste et humaniste, le rappeur lance un message clair : « Il n’y a rien d’impossible. Impossible n’est pas africain. Thomas Sankara dit qu’il faut oser inventer l’avenir. C’est ce que le Masa a fait, c’est ce qu’on essaie de faire tous les jours. Et je veux juste que tout le monde puisse y croire. Personne ne doit y croire à notre place. L’Afrique, ce n’est pas le demain. L’Afrique n’est pas le futur. L’Afrique, c’est tout de suite et maintenant ».
Présent à Abidjan avec son alter ego Duggy Tee de Positve Black Soul (Pbs), le duo était, le 17 avril 2026, en concert sur la scène de l’AZK Live, à Cocody-Blockauss, dans le cadre du Masa.
Koné Seydou

